Et si oser… c’était comme apprendre à marcher : un pas, une chute, et l’envie de recommencer ?
Dans l’article précédent, je te parlais d’oser doucement.
Un élan discret. Un souffle intérieur.
Mais je crois qu’il manque une pièce au puzzle :
oser… ce n’est pas toujours réussir du premier coup.
Parfois, on exprime une chose, et l’autre ne la reçoit pas comme on l’espérait.
Parfois, on pose une parole, et c’est la colère, le silence ou l’incompréhension qui nous répond.
On peut se sentir maladroite. Blessée. Ou même coupable d’avoir osé.
Mais ça ne veut pas dire que c’était une erreur.
Ça veut juste dire que c’est un apprentissage.
👣 Comme apprendre à marcher
Avec mes élèves, je dis souvent :
« Nous n’avons pas tous appris à marcher en même temps. »
Ça les fait sourire, mais c’est vrai.
Certains enfants font leurs premiers pas à dix mois, d’autres à dix-huit.
Et personne ne leur demande de courir dès le premier jour.
Pourquoi serait-ce différent pour tout le reste ?
Exprimer ce qu’on ressent, formuler une demande, dire non ou dire oui…
Ça aussi, ça s’apprend.
Ça se travaille.
Et ça se rate, parfois.
Mais rater ne veut pas dire renoncer.
Juste… réajuster.
💬 Oser dire, ce n’est pas avoir raison
Quand on ose parler, on le fait toujours depuis nos filtres.
Notre vécu. Nos émotions. Nos peurs.
Exprimer un ressenti ne veut pas dire que notre lecture est la seule valable.
Mais cela permet à l’autre de comprendre un silence, un malaise, un repli.
Cela crée un pont, même fragile.
Mais il faut aussi être prêt à entendre la réaction de l’autre.
Sa déception, sa colère, son propre ressenti.
Par exemple, j’ai un jour dit à mon compagnon que je me sentais souvent seule dans certaines décisions. Je pensais qu’il ne s’impliquait pas.
Il m’a écoutée… puis il m’a expliqué que, pour lui, c’était une manière de me laisser de l’espace.
Nos intentions étaient différentes.
Mais le fait d’avoir osé le dire — sans accusation, en parlant de ce que je ressentais et de ce que j’attendais — a ouvert un dialogue.
Pas parfait. Mais précieux.
🎯 Oser s’exprimer, ça se travaille
À l’école, on parle de « message clair » : une manière d’apprendre aux enfants à exprimer ce qu’ils ressentent, ce qu’ils n’ont pas aimé, ce qu’ils souhaitent.
Dans la vie d’adulte, on appelle ça souvent communication non violente.
Mais le principe est le même :
➡️ Je dis ce que je ressens.
➡️ J’exprime ce que j’attends.
➡️ Je laisse à l’autre un espace pour répondre.
Et pour que cela devienne fluide, il faut pratiquer.
Encore. Et encore.
⚖️ Ce qu’on oublie souvent
Oser dire n’est pas tout.
Il faut aussi savoir écouter ce que cela provoque.
Et être capable de changer de regard si besoin.
Ça demande une certaine clarté intérieure.
Un espace de recul.
Une capacité à ne pas se laisser déborder par l’émotion du moment.
Mais ça… ce sera le sujet d’un prochain article.
Miryana
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